Franck Respriget, secrétaire du comité de ville du parti socialiste brestois étant souffrant, j'ai présenté les voeux du comité de ville brestois aux militants et sympathisants socialistes, ainsi qu'à nos alliés présents. Ci-dessous le texte de mon discours, prononcé le 8/01/2010:
Chers amis, chers camarades
Tout d’abord, j’ai le plaisir de vous présenter au nom du comité de ville, mes meilleurs vœux pour cette année 2010 ! qu’elle soit pour nous une année de victoire et de construction de l’avenir de notre pays !
Permettez-moi simplement d’avoir une pensée pour un homme qui est parti la nuit dernière. Il n’était pas de notre côté politique, mais de par son engagement politique et son histoire personnelle, Philippe Séguin ne pouvait partir sans un hommage de la famille républicaine. La République est aujourd’hui orpheline de ce fils qu’elle avait elle-même adoptée, et qui, en ces temps difficiles en est resté un gardien inflexible.
En ce début d’année 2010, je voudrais revenir pour quelques instants encore sur 2009. En un an, le Chef de l’Etat et le Gouvernement ne nous aurons rien épargné.
Et pour résumer la méthode Sarko, je citerai une de ses ferventes admiratrices, Bernadette Malgorn : « Mieux vaut moins bien tout de suite, que mieux trop tard ». En effet, pour un malade qui souffre, mieux vaut une aspirine tout de suite, qu’une piqûre d’antibiotiques une fois mort. Sarko, c’est le moins bien tout de suite permanent. C’est l’aspirine pour soigner une jambe cassée. Absence de recul, absence de réflexion, absence de concertation, absence d’écoute. Et le résultat, une année de patinage et une fin en dérapage incontrôlé.
Copenhague : ça aurait du être le moment du mieux international, mais voulant tirer la couverture à lui, Sarko n’a eu que le moins bien que Kyoto. Et il en est revenu satisfait, là est le pire.
La crise financière : c’était le concert unanime en début d’année 2009 pour la refondation du capitalisme. On allait voir ce qu’on allait voir. Enfin, ceci dit, on ne s’attendait pas à grand-chose. Résultat : un Sarko qui court après l’anglais Brown pour taxer les bonus des traders (et encore, c’est si c’est aussi fait ailleurs en Europe). Là aussi, il s’en satisfait. Alors que, loin de moi l’idée de défendre le travail des traders, mais tout de même, s’en prendre aux traders sans poser la question de la rémunération d’actionnaires qui exigent des rendements à 2 chiffres, c’est être soit malhonnête intellectuellement, soit avoir une bonne partie des ses économies en bourse !!!
La crise économique : alors là, c’est l’apothéose. Sarko agit ! Si si, il a nommé Patrick Devedjian ministre de la relance. Alors qu’a-t-il relancé ? la bourse de Paris, oui, c’est sûr, ça, quand il s’agit de spéculer, il y a tjrs du monde. Les chiffres du chomage, au moins un indicateur qui monte (et ce, sans interruption depuis 16 mois). Le nombre de dimanches travaillés ? malheureusement, aussi mais pas le pouvoir d'achat. La carrière de Devedjian ? relancée ? si on veut, encore que vu les affres de ce petit monde à la Défense, on se pose des questions.
Des questions, oui, parce que pendant qu’une grande partie de la France trime, (on le voit encore, de plus en plus de travailleurs pauvres, les restos du cœur vont encore battre des records) essaye de s’en sortir, et malheureusement, en ces temps, n’y arrive pas, une certaine forme d’indécence règne sur notre République, avec un grand R. Parce que quand on est président de la République avec un grand R, on essaye pas de placer son fils à la tête d’un établissement public. Parce que quand on écrit République avec un grand R, on respecte sa fonction. La France, quand on la préside, on ne passe pas sont temps à insulter son intelligence en affirmant tout et son contraire. Comme quand il affirme qu’un trottoir des champs-élysées est fermé le dimanche et pas l’autre, qu’il répète mot pour mot les mêmes discours, ou qu’il affirme que notre système de protection sociale a amorti la crise alors qu’il n’a de cesse de le détricoter !
Le fond de l’indécence, nous y sommes malheureusement arrivés avec ce débat sur l’identité nationale. L’identité nationale, un concept élastique, tourné aussi bien sur un héritage que sur un avenir commun, profondément emprunt d’ouverture vers tous ceux qui, dans et hors la France, souhaite participer à un destin commun. Il en a fait un objet rigide, un objet d’exclusion, de stigmatisation.
Alors, que nous prépare-t-il pour 2010 ? Et là, nous qui sommes attachés à nos territoires, ça ne va pas être la fête du tout. Il a commencé en 2009 avec la TP. On en a déjà beaucoup parlé. L’Etat reprend les cordons de la bourse. J’ai parlé de la crise financière, de la crise économique. Celle que vivent les Français, c’est la crise sociale. Et c’est l’existence des politiques de solidarité des collectivités locales qui a pu, dans une certaine mesure, amortir la casse sociale. Quel est l’avenir des ces politiques, sans les financements qui vont avec ?
2010, la réforme des collectivités…un boulevard électoral pour la droite, avec son mode de scrutin scélérat. Ce ne sera plus seulement l’Etat UMP, ce sera le Pays UMP. Je vais vous dire un truc, le problème avec Sarko, c’est qu’il est nostalgique de l’époque où il était Maire de Neuilly. C'était l’époque où il a piqué Cécilia à Jacques Martin. Et puis de l’époque où il était Pdt du conseil général des Hauts-de-Seine, il avait la main sur l’EPAD, sur la plus grosse cagnotte des conseils généraux de France… Alors, pour se consoler, il a décidé qu’il serait dorénavant à la fois Président de la République, Président de tous les conseils généraux, et Maire de toutes les villes.
Heureusement, il n’a jamais été président de conseil régional !
Les régionales justement, 2010 est une année importante pour nous. Elle est l’année du renouvellement des conseils régionaux élus en 2004. Souvenez-vous, c’était une vague rose, un 21 avril à l’envers. L’enjeu est de taille pour nous ! Conserver notre large victoire. 20 régions sur 22. L’UMP disait il y a quelques mois qu’elle allait nous ravir 7/8 régions. Eh bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que, où que l’on regarde en France, les socialistes sont prêts. Ils ont leurs listes, ils ont un socle de programme au niveau national, et surtout ils ont la motivation d’infliger à nouveau une défaite à la droite pour faire valoir leur vision de la société. Nous sommes en mouvement pour porter nos valeurs, pour appliquer notre conception d’une région qui est plus qu’un échelon administratif et qui se tourne résolument vers ses habitants et son avenir. La région était un nain politique, perdue dans les affres de la vie courtisane du Duc de Rohan. Avec JY Le Drian elle est aujourd’hui un acteur politique qui compte sur la scène nationale et internationale. Nous ne laisserons pas la proconsul Malgorn remettre la région au pas de Sarko ! En Bretagne, dans le Finistère, à Brest, nous sommes prêts, nous sommes là et nous avons bien l’intention de le montrer !
Mes chers camarades, nous les socialistes brestois, nous sommes bien résolus à poursuivre le combat pour l’attachement de la Bretagne à gauche !
Enfin, chers camarades, 2010, est une année importante sur le chemin de 2012. Si les élections régionales en sont une étape essentielle, un tremplin pour 2012, nous ne devons pas perdre de vue le travail d’élaboration de notre projet. Ce projet qui nous emmènera jusqu’en 2017. Nous sommes, et je le pense sincèrement, dans une dynamique de construction. La France nous attend, les Français attendent beaucoup de nous.
Alors, 2010, année de victoire, 2010, année d’opposition efficace et 2010, année de travail !
Encore une très bonne année à toutes et à tous !
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